Devant 13 cercueils de retour du Mali, la France en deuil

Dalia Hamam Mardi 03 Décembre 2019-19:51:33 Actualités Internationales
Le cortège funéraire des 13 soldats français tués au Mali passant sur le pont Alexandre III en direction des Invalides où un hommage national leur a été rendu, le 2 décembre 2019
Le cortège funéraire des 13 soldats français tués au Mali passant sur le pont Alexandre III en direction des Invalides où un hommage national leur a été rendu, le 2 décembre 2019

Treize cercueils drapés de bleu-blanc-rouge: la France était confrontée hier lundi à une funeste image de son engagement au Sahel, à l’occasion d’un hommage national aux soldats morts il y a une semaine jour pour jour au Mali.

Des centaines de personnes se pressaient sur le pont Alexandre III, à Paris, pour assister au passage des 13 corps, en route vers l’Hôtel des Invalides, où Emmanuel Macron devait présider à partir de 15h00 locales une cérémonie, a indiqué l’AFP.

Militaires, anciens combattants avec leur drapeau, gendarmes, sapeurs-pompiers mais aussi anonymes se pressaient de chaque côté du pont, par un temps froid et sec et un soleil radieux, en attendant le défilé des dépouilles des treize militaires tués dans la collision de deux hélicoptères lors d’une opération de combat, dans le nord-est du Mali, et dont les corps ont été rapatriés dimanche. Margot Louvet, 23 ans, venue de Gap (sud-est), arbore sur son tee-shirt la photo officielle, sur fond bleu blanc rouge, de son meilleur ami décédé, Antoine Serre, 22 ans, du régiment de chasseurs de la ville.

“C’était une perle, le plus gentil, le plus généreux”, déclare-t-elle à l’AFP en réprimant des sanglots. “Être ici, c’est une façon de faire le deuil, de réaliser qu’il ne rentrera pas”. Ce lourd bilan humain a fait l’effet d’un électrochoc en France, dont l’armée n’avait pas subi de telles pertes depuis l’attentat contre le QG français Drakkar à Beyrouth en 1983, qui avait fait 58 morts.

Leur mort a également relancé les questions autour de l’engagement français au Sahel, où la situation sécuritaire ne cesse de s’aggraver, même si seul le parti de gauche radicale La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon réclame ouvertement le retour des troupes.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a assisté aux côtés du gouvernement français et des familles des soldats à cet hommage organisé dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides, à Paris, qui accueille depuis le XVIIe siècle vétérans et blessés de guerre et abrite le tombeau de Napoléon.

Le président Macron a prononcé un éloge funèbre avant de remettre la Légion d’honneur, à titre posthume, à chacun de ces 13 soldats “morts pour la France”, devant quelque 2.500 personnes, dignitaires comme anonymes. Un écran géant a retransmis l’hommage sur l’esplanade. Leurs hélicoptères sont entrés en collision alors qu’ils appuyaient des commandos parachutistes qui avaient repéré des pick-up suspects dans la zone frontalière avec le Niger et le Burkina Faso, une région servant de repaire à des groupes jihadistes affiliés à l’Etat islamique (EI) ou Al-Qaïda.

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